Bout du monde

De Ushuaia nous avons traversé le canal de Beagle dans un petit bateau-navette pour nous rendre à la Isla Navarino. Nous voulions faire un dernier trek avant de rentrer, “Los Dientes de Navarino”, une marche de 5 jours qui commence et finit à Puerto Williams, dans la région du Cap Horn. Quand nous avons demandé au commandant de qualifier le temps qu’il faisait ce jour là, un temps couvert et nuageux où le soleil perçait de temps à autres, il a répondu que c’était “la gloria”, la gloire, et qu’une journée si splendide n’arrivait qu’une seule fois par semaine! La mer était calme et sur le trajet qui nous menait à l’île nous avons été accueillis par des pingouins, des cormorans et un troupeau de lions de mer qui sortaient la tête de l’eau pour nous dévisager.

1ère journée: après avoir dormis bien au chaud à Puerto Williams et avoir goutté la centolla, l’araignée de mer pêchée dans les eaux froides du canal de Beagle et exportée dans le monde entier, nous avons entamé vers midi notre première journée de marche sous un ciel presque sans nuages. La balade s’est avérée plus dure qu’on ne l’avait estimée. Au lieu des 4 à 5h prévues nous en avons mis 6 pour atteindre la lagune Salto. Le chemin, où plutôt la trace laissée par les randonneurs précédents, monte en ligne droite jusqu’au sommet du Cerro Bandera à 700m au-dessus du niveau de la mer, puis longe la vallée en suivant la ligne des arbres exposée au vent, dans les pierres et les éboulis. Parfois il faut traverser un petit amas de neige et escalader la pierre en s’aidant des mains. Mais le paysage est sans pareil. Du haut du Cerro Bandera nous avons une vue sur les eaux gris-bleues du canal de Beagle jusqu’à Ushuaia, et au fond de la vallée des lacs et des rivières s’enchainent, entourées de forêts de hêtre aux couleurs de l’automne et surplombées par les montagnes noires et blanches de Los Dientes.

2ème journée: il a plu toute la nuit mais au matin le ciel s’est dégagé. Un autre jour de gloire! On a passé la journée à chercher les cairns sur le chemin pour ne pas se perdre, à marcher dans les éboulis d’une lagune à une autre, et en haut d’un col on a pu distinguer au loin l’autre côté de l’île, toujours plus proche de l’Antartique. On a aussi vu les dégats que font les castors: des centaines d’arbres morts, blancs comme des squelettes couchés sur le flanc, et des barrages qui inondent la terre. Une fois arrivés au campement nous avons fait un bon feu de bois pour nous réchauffer. J’aurais bien fait cuire le dîner dessus mais Agnès m’a arrêté avant que je ne fasse fondre la poignée de la casserole.

3ème journée: encore une longue journée de marche à travers des éboulis et des marécages. Plus d’une fois on a perdu le chemin et on s’est retrouvés à grimper pour rien sur un gros promontoir ou à traverser un ruisseau en accrochant nos sacs aux branches. Nous avons finalement planté la tente au bord d’un lac pile au moment où la pluie commençait à tomber. Avant la nuit une brume blanche et légère est venue envelopper le Cerro Clem, une pointe rocheuse qui surplombe le lac, avant d’envahir les berges du lac. A l’abris dans notre tente nous avons entendu deux gros “plouf!” dans la nuit. Peut être des castors?

4ème journée: au réveil la tente est mouillée à l’exterieur et à l’interieur et les sacs de couchage sont humides. On a juste le temps de prendre le petit-déjeuner et de plier la tente avant qu’il ne se remette à pleuvoir. On se perd plusieurs fois sous la pluie à essayer de contourner des marécages, à grimper des collines et suivre des lagunes, dans la mousse imbibée d’eau, les hautes herbes et les arbustes qui nous agrippent les jambes. On a les chaussettes trempées dans nos chaussures. C’est à ce moment qu’on décide de cumuler la 4ème et la 5ème journée pour rentrer le soir même à Puerto Williams. Le paysage est toujours aussi époustouflant. Du haut d’un col, quand le soleil apparaît enfin après une montée presque à la verticale dans la bouillasse, on embrasse d’un seul regard la vallée Guerrico, les monts Lindenmayer qui la domine (du nom de celui qui a découvert et fait connaître ce trek), et plus à l’ouest le canal de Beagle et la cordillère Darwin. Il nous reste encore à descendre de l’autre côté du col en se laissant glisser sur les pierres et à traverser une forêt en grimpant par-dessus les troncs d’arbre déracinés qui barrent le passage.

Nous sommes rentrés à Ushuaia le lendemain soir par bateau-navette, et comme tous les jours le vent soufflait sur le canal de Beagle d’ouest en Est de sorte que notre petite embarcation passait par moments sous les vagues qui arrivaient de face. Le soleil se couchait doucement tandis qu’on essayait de deviner dans le lointain la location du prochain jet d’eau de baleines qui passaient par là.

Pour notre dernier jour à Ushuaia nous sommes allés voir une colonie de pingouins sur l’île Martillo. Nous sommes restés plus d’une heure sur l’île à les observer courir, jaboter, faire leur nid, bondir comme des torpilles hors de l’eau ou rester là à ne rien faire, à se gratter les plumes ou à profiter de la brise glacée qui soufflait. Il y avait 300 paires de pingouins de Magellan, petits et attachants, qui bientôt allaient suivre la nourriture dans les courants froids qui remontent le long de la côte argentine, quelques pingouins Papou, encore plus patauds que les autres quand ils marchent en se dandinant d’une patte sur l’autre les nageoires en arrière, et un gros pingoin Roi stoïque et imperturbable perdu dans la masse.

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Patagonie

On traverse les petites villes touristiques, sortes d’îlots perdus dans l’immensité de la Patagonie, aux grandes avenues vides et qui habritent sans vraiment parvenir à les mêler les touristes venus des quatre coins du monde et les habitants au caractère et à la peau façonnés par un climat de bout du monde, en coup de vent, juste un ou deux jours d’escale, avant de replonger dans la nature.

A quelques kilomètres de Calafate se trouve le Perito Moreno, un glacier de 30km de long, 5km de large et jusqu’à 80m de hauteur, un des derniers glaciers stables au monde. Jusqu’au dernier virage rien ne trahit l’existence d’un tel glacier à cet endroit: les montagnes sont vertes et rocailleuses, libres de neige, et il fait plutôt bon. Seul la couleur blanchâtre du lac et la lenteur excessive des vagues laissent deviner la température de l’eau.

Le glacier est idéalement placé en face de la péninsule de Magellan, où des passerelles ont été aménagées pour en détailler les contours et s’approcher à quelques dizaines de mètres. Le paysage est immobile et seuls les grondements du glacier révèlent les puissances qui s’affrontent. C’est une lutte de territoire millénaire entre le glacier qui avance de 2m par jour, le lac et la montagne. Sous la pression des blocs de glace se détachent, roulent sur le front du glacier et heurtent la surface du lac dans un bruit sourd qui résonne dans la vallée.

De El Chalten nous avons fait une boucle de deux jours pour camper près du  Fitz Roy. On découvre un paysage de lagunes et de forêts, de lacs emprisonnés aux pieds d’imposantes dents de granit tendues vers le ciel. Le deuxième jour on se lève à 5h30, le temps de se préparer et de gravir dans la nuit glacée le dernier versant qui nous sépare encore de la lagune Los Tres au pied du Fitz Roy, où la nature ce matin doit nous faire un cadeau.

Un jour sans nuages se lève enfin et une lumière rouge descent doucement sur les parois de granit et de glace jusqu’à les couvrir complètement. On dirait d’énormes flammes dans ce paysage de glace. Puis le rouge passe au orange et disparaît aussi rapidement qu’il est apparu dans la clarté du jour. Le spectacle n’aura duré qu’une dizaine de minutes!

Au Chili maintenant Puerto Natales est le point de départ des treks dans le parc national Torres del Paine. On part pour un des treks les plus célèbres au monde, 5 jours et 4 nuits pour parcourir le W. Après presque 3h de bus dans la pampa, où l’herbe rase et les alpacas se succèdent, le massif apparaît comme sorti de nulle part. De ce côté de la cordillère le vent venant du Pacifique frappe de plein fouet. Certains jours des rafales atteignant plus de 70km/h nous poussent hors du chemin et nous obligent plusieurs fois à nous arrêter. En janvier une partie du parc a brulé et pendant quatre jours des vents à 120km/h ont empêché les bombardiers de décoller.

On se croirait en pleine montagne mais en fait on ne monte pas à plus de 900m d’altitude. On longe une langue de glace qui se perd dans les montagnes environnantes, des lagunes bleues-vertes et on traverse des forêts aux couleurs d’automne. Le dernier jour, comme au Fitz Roy, on se lève très tôt pour pouvoir admirer le levé du soleil au pied des ”Torres”. Et comme au Fitz Roy c’est une matinée sans nuages.

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Rio de Janeiro et chutes d’Iguazu

Nous avons passé quelques jours à Rio de Janeiro. La ville est construite dans un cadre magnifique. On découvre la beauté du site depuis les miradors du Christ Rédempteur, listé parmis les 7 nouvelles merveilles du monde, et de Pain de Sucre. La ville s’étend à perte de vue entre les collines couvertes de jungle et les pitons rocheux, envahissant au nord la baie de Guanabara et seulement limitée à l’est par l’océan Atlantique. Elle est entourée sur toutes ses côtes de longues plages de sable dont les deux plus connues sont Copacabana et Ipanema. Nous avons essayé de repérer ce qu’évoque pour beaucoup le Brésil après la caipirinha et l’Amazonie, mais au risque de briser certaines illusions l’image des magnifiques brésiliennes en string sur la plage n’existe pas. On voit surtout des mecs bodybuildés et des joueurs de volley …

Les chutes d’Iguazu sont une veritable merveille. C’est un fleuve entier qui se précipite, le long d’une cassure irrégulière de presque 3km, sur plus de 60 mètres. Le côté brésilien offre un panorama reculé des chutes et de la “Gorge du Diable”, une longue avancée dans la cassure où l’eau se précipite de toute part, tandis que la partie argentine permet de déambuler au-dessus et au pied des cascades. La vapeur d’eau générée par le choc remonte au-dessus du gouffre en fumée blanche et le bruit est assourdissant.

Nous sommes arrivés à Bariloche après plusieurs journées de bus: 27h de bus de Rio de Janeiro à Iguazu, 20h de bus de Iguazu à Buenos Aires, 22h de bus de Buenos Aires à Bariloche … La ville est placée au bord d’un immense lac dont les vagues blanches soulevées par le vent et au loin les montagnes bleues pourraient d’une fenêtre passer pour une peinture. Tout autour la forêt recouvre le paysage. Pour la première fois depuis que nous avons entamé notre descente de l’Amérique du Sud le long de la côte brésilienne l’air sec et frais de la montagne nous a obligés à quitter les sandales et le short pour des vêtements plus chauds.

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Carnaval

On est arrivés sur la côte brésilienne en plein dans le carnaval. Le carnaval dure cette année du 17 au 22 Février mais les répétitions commencent bien avant, dès le début du mois, et la fête n’a pas seulement lieu à Rio mais dans différentes villes de la côte. Nous avons partagé notre temps entre Olinda, une des plus belles villes coloniales du pays connue pour son carnaval traditionnel, Recife et Salvador, deux mégalopoles de plusieurs millions d’habitants qui, avec Rio, habritent pendant le carnaval la plus grande fête de rue du monde!

Il y a énormément de façons d’apprécier le carnaval. On peut déambuler dans les rues en suivant les groupes de percussions style Olodum, regarder passer les danses folkloriques comme la danse du Frevo (danse acrobatique avec des parapluies), la danse Caboclinhos (danse indienne avec des costumes de plumes au son d’une flute) et les différents défilés de Maracatu (défilé traditionel afro-brésilien) et des Mamulengos (marionettes géantes), assister à des concerts en plein air jusqu’à la fin de la nuit, et bien sûr prendre un bain de foule dans les fameux blocos où des milliers de gens se réunissent pour danser au son des meilleurs groupes de samba-reggae et axé (musique afro pop originaire de Bahia) qui jouent perchés sur des camions alourdis par des baffles monstrueuses.

Les camions (trios electricos) défilent lentement dans les rues noires de monde et la musique est tellement forte qu’elle fait vibrer la poitrine.  A Salvador beaucoup de jeunes sont déguisés en Fils de Gandhi (cortège religieux africain basé sur les principes de non violence de Gandhi). Ils portent une serviette  sur la tête en guise de turban, un drap blanc en guise de vêtement et des colliers blancs et bleus autour du cou. Pour chaque collier offert l’heureuse élue leur roule une énorme galoche d’au moins 30 secondes (ça ne marche pas à tous les coups).

Mais que ce soit à Recife ou Salvador il y a un énorme clash entre pauvres et riches, même pendant le carnaval. A Recife les gens aisés ne vont pas dans les blocos. Ils attendent le début de la soirée pour s’habiller pour sortir. Vers 22h on assiste à deux courants opposés. Les premiers, qui ont sauté et dansé tout l’après-midi, rentrent se coucher pendant que les seconds, en pantalon et robe du soir, se dirigent vers les places de concert. A Salvador il y a carrement deux blocos. Un pour les plus aisés et les touristes sur l’esplanade principale qui longe la plage, et un autre plus populaire dans une rue un peu plus étroite.

Vous devez commencer à vous demander, après quatre paragraphes, pourquoi il n’y a toujours pas de photos. On s’est fait voler l’appareil  photo dans la foule à Recife. A Salvador malgré le fait que toutes les boutiques soient fermées pour le carnaval on a réussi à dégoter un appareil photo jetable. Et rebelote. Je me suis fait arracher la sacoche avec dedans les 27 photos qu’on avait séléctionnées avec soin, de l’argent, mes lunettes et surtout mon passeport. En pleine journée, dans le quartier historique, avec des policiers à 100m.

On est quand même déçus par le Brésil. De tous les pays par lesquels nous sommes passés c’est celui où l’on se sent le moins en sécurité. La différence entre riches et pauvres est beaucoup trop grande. C’est aussi le pays qui est le moins préparé pour recevoir des touristes. Il est très rare de tomber sur une personne qui parle anglais ou même espagnol dans les offices du tourisme. Les informations que l’on reçoit sont souvent fausses (horaires de bateau, heures d’ouverture des musés, prix des hôtels, …).

Un exemple. Après le vol de mon passeport nous sommes allés à l’office du tourisme pour qu’il nous donne l’adresse du Consulat. L’adresse était fausse, le consulat avait déménagé à l’autre bout de la ville. On appelle le Consulat. Pas de réponse. On apprend par une touriste française que le consul est en vacances jusqu’au 3 Mars, on est le 23 Février. On appelle alors le Consulat à Rio (nous sommes à Salvador). La personne qui nous répond ne parle pas français, ni anglais, seulement portugais. C’est finalement l’Ambassade à Brasilia qui nous sortira du pétrin …

On s’est un peu réconciliés avec le Brésil à Itacaré, une petite ville de touristes et de pêcheurs entre Salvador et Rio. Les plages y sont magnifiques: du sable blanc, des cocotiers et la tranquilité. Bien mieux que la plage de Recife, bordée d’immenses gratte-ciels gris. Par contre vous n’aurez toujours pas de photos. Dans le plus grand centre commercial de Salvador, dans la boutique la plus spécialisée en appareils photos, nous avons essayé deux appareils qui nous intéressaient. Les deux étaient défectueux …

On va essayer de remplir au mieux les albums photos en récupéramt les photos des personnes qu’on a rencontrées.

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Amazonian rainforest

Difficult to travel in Brazil. It is the first country since we started our trip in South America where we do not understand the language. And contrary to what we thought speaking Spanish does not help that much.

We spent some time in the jungle, not too far from Manaus, a city of almost 3 million inhabitants in the heart of the Amazon rainforest. Manaus lived its goldenage during the rubber-boom period at the end of the 19th century. It is at this time that the Amazon Theater was built, made of the best materials coming from Europe, to reflect the city new prosperity. The dome of the theater was painted with the colors of the brasilian flag, a way for the country to claim its gained independance from Portugal.

It is in front of Manaus that Rio Negro (from Colombia) and Rio Solimoes (from Peru) meet to give birth to the Amazon river. Both rios are so different in speed, density and temperature that they flow side by side on several kilometers before they actualy start to mix. It is easy to see because Rio Negro, slower, is dark due to tree decomposition, whereas Rio Solimois, faster, takes the brownish color of the mud it stirs.

Our trip in the jungle did not go exactly as expected. We went first in the Juma reserve, three hours by fast boat, car and pirogue south of Manaus. Our guide, a Bob Marley fan who seemed to have smoked too much ganja, did not follow the details of the tour we had paid for. We wanted something close to a survival experience, eating what the jungle had to offer, fishing our diner, making ourselves our camp for the night. We did make our camp and sleep in hammock in the jungle but we stole the fruits (guavas and plums) in a garden and everyday we had fresh chicken bought from the nearest shop down the river, beers and Cachaça. After 4 days (we had paid for 6) and for some unclear reasons the guide got very upset against the agency and decided to go back home …

To compensate for the 2 days lost the agency offered us another tour in an affluent of Rio Negro, 100km north-west of Manaus, with another guide. All in all we had an amazing experience. We fished piranhas that we grilled on a campfire. There are many different sorts of piranhas, the most dangerous beeing the black piranha. Their bottom teeth are like sharp canines and their upper teeth cut like razor blades. We fished them with a massive hook attached to the line by a steel cable.

We ate small juicy larvae growing in a kind of small coconut that tasted like coconut milk. We made our plates from large leaves and carved our spoons in palm tree branches. We had nuts and palm heart to eat with our fish. The guide showed us a few plants and their use: rubber tree, rose wood for perfumes, vicks vapor tree for nasal decongestion, liana containing drinking water. He teached us how to rub our arms with ants as a natural repellent.

We went at night to hunt caimans. The technic is to go by boat and follow the riverbank with a flashing light. The caiman’s eyes shine in the dark. They do not fear humans so once you have spotted one it is easy to approach it slowly with the boat and catch it at the back of its neck. Our Bob Marley guide caught one and made it sleep in front of us in just a few secondes by scratching its belly! With our second guide we caught one for diner. Even after cutting its head off you must remain cautious: the head can still bite you after a few minutes. The taste and texture is a kind of mix between fish and chicken.

And in a quiet part of the Rio Negro area we also swam with pink dolphins! They are easy to recognise: obviously by their color, but also by their long beak and by the fact that they don’t have a fin on their back. In total we spent 7 days in the jungle and slept 4 nights in a hammock hung between two trees, listening to the sounds of the primary forest. The last days we got bitten by small parasites. We had itchy red spots all over our bodies and we were quite happy to go back to civilisation!

After our jungle experience we went down the Amazon river to join the Atlantic coast, from Manaus to Belem, by boat. We had to buy hammocks for the journey. Once the boat ticket paid you can get in and hung your hammock wherever you want. When the boat is fully packed, people have their hammocks hung all around you and there is hardly any space to move.

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Salto Angel et Roraima

Le parc national Canaima qui couvre la Grande Savane contient deux merveilles naturelles: Salto Angel au nord-ouest, la plus haute chute du monde qui tombe sur 976m du Auyantepui, un tépui dont le sommet plat couvre 700km2, et le tepui Roraima au sud-est, le plus accessible et donc le plus touristique, placé à la frontière entre le Vénézuela, le Brésil et la Guyane.

Salto Angel tient son nom d’un aviateur un peu fou, Jimmy Angel, qui survolait les tepuis à la recherche d’or et qui finalement s’est posé en haut du Auyantepui où son avion est resté coincé. Pour accéder à Salto Angel il nous a fallu nous rendre en avion à la lagune de Canaima, puis remonter les fleuves Carrao et Churun en pirogue pendant 4h, et enfin marcher 1h dans la jungle. Le tour prend 3 jours et 2 nuits.

La lagune de Canaima, que l’on peut admirer depuis une de ses plages de sable, est alimentée par une série de cascades aussi magnifiques les unes que les autres, des escaliers de mousse que l’eau dévale avec une force qui fait remonter les goutelettes à plusieurs mètres de hauteur. Un tour en bateau permet d’approcher l’une d’elles, Salto Hacha, et de marcher sous la cascade sur toute sa largeur, soit 80m!

La remontée des fleuves Carrao et Churun en pirogue suit les contours du Auyantepui qui apparaît et disparaît dans les nuages. Nous passons assez près pour distinguer de fines cascades s’échapper des parois massives qui nous surplombent, mais trop loin pour que le tépui paraisse accessible, caché derrière la barrière de la jungle. La remontée des fleuves est aussi une aventure. En cette saison l’eau est basse, on peut facilement distinguer les galets dans le courant, et on se demande par quelle magie le barreur arrive à faire passer la pirogue chargée de 15 touristes et de leurs sac-à-dos!

La cascade de Salto Angel elle-même n’est pas si impressionnante. La chute est tellement longue que l’eau semble se vaporiser avant de toucher le sol. On rentre au campement dans la nuit à travers la jungle. Le guide, qui en a marre d’attendre son groupe de touristes, par devant. Nous marchons seuls pendant une bonne demi-heure à la lueur des lampes torches en essayant de ne pas trébucher sur les cailloux et les racines, en pestant contre le guide qui depuis le début du tour manque de professionnalisme. Le cadre général est somptueux, la balade vaut vraiment le détour, mais les indiens Kamaracotos ont encore de sacrés progrès à faire en ce qui concerne l’attention aux touristes.

Après Salto Angel nous nous rendons à Santa Elena pour trouver l’agence qui nous amenera faire un tour de six jours au Roraima. On se retrouve par chance avec un groupe de jeunes touristes vénézueliens de la région de Maracaibo, un japonais qui travaille dans les mines de cuivre au Chili et un anglais hindou qui donne des cours de mathématiques dans un lycée international de Lima.

La marche jusqu’au sommet du Roraima n’est pas facile. On avance sous le cagnard, puis sous la pluie, on traverse une rivière avec de l’eau à mi-ceinture, on passe sous une cascade et on se fait bouffer par de sales moustiques, des puri puri insensibles aux anti-moustiques ordinaires.

Mais le jeu en vaut la chandelle. Les parois du tépui sont encore plus impressionnantes quand on les voit de dessous. Et après avoir traversé la savane et le bout de jungle qui a survécu aux incendies répétés (les indigènes brûlent la terre pour créer des paturages) nous voila enfin en haut. Le brouillard tombe rapidement. Il y a peu de végétation et beaucoup de formes rocheuses biscornues.

Les tépuis sont installés sur le bout de continent le plus ancien du monde, autrefois à cheval entre ce que sont aujourd’hui l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Australie. Ils sont faits de sable et de sédiments durcis par les milliers d’années. Les vents alisés de l’Atlantique viennent taper sur leurs flans, la roche chauffe au soleil et les nuages se condensent sur leurs sommets. Il pleut presque tous les jours au sommet du Roraima.

Nous dormons dans ce que le guide appelle des “hôtels”, en fait de simples cavernes où les tentes sont à l’abris de la pluie et du vent. Les porteurs nous préparent les repas sur des réchauds à kérosène dans un recoin qui sert de cuisine. Pendant le trek ils portent chacun plus d’une vingtaine de kilos sur le dos, ce qui ne les empêchent pas de nous doubler sur les chemins au pas de course, montent les tentes et font la cuisine (on a même eu droit à des pancakes au miel un matin!). On les écoute nous raconter des histoires de touristes, d’indigènes, de service militaire, de pêcheurs et de traffic de drogue.

En haut du Roraima on profite de la vue depuis “l’abîme”, au bord de la falaise, et on apprécie le paysage dénudé, hors du temps, qui a inspiré Sir Arthur Conan Doyle et son livre “Le monde perdu”. On se rend compte qu’on a eu beaucoup de chance. Il a fait beau presque tous les jours! C’est peut être parce que Vishnu (nom de notre compagnon anglais et dieu hindou), Jesus et Christo (noms de deux de nos compagnons vénézueliens) voyageaient avec nous.

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La famille Iris au Vénézuela pour les fêtes

Le Vénézuela n’est pas réputé pour être un pays touristique, encore moins pour être un pays sûr. Pourtant c’est là que les parents et les frangins Iris nous ont rejoints pour passer les fêtes: deux semaines du sud au nord du Vénézuela, de la Grande Savane aux plages de la Peninsule de Paria en passant par le delta de l’Orénoque, un fleuve qui a le troisième plus gros débit au monde après l’Amazone et le Congo en Afrique.

La Grande Savane, un parc national de 30 000 km2 au sud-est du Vénézuela, est le domaine des tepuis. Ces grandes montagnes plates cerclées de falaises abruptes dominent la plus vieille terre du monde. Du haut des falaises l’eau de pluie accumulée tombe en fines cascades blanches. Aux pieds des tepuis, aux confluents des cascades, de larges rivières naissent et se déroulent à travers la jungle et la savane.

Carlos est notre guide, chauffeur et ami pendant les deux semaines que dure le voyage. Il suit scrupuleusement l’itinéraire que nous a vendu l’agence, attend au matin sur le toit du 4×4 à l’heure exacte convenue la veille pour charger les sacs, nous sort presque chaque jour une nouvelle blague salace sur les femmes vénézueliennes et nous fait vider presque chaque soir une bouteille de rhum en nous servant des caipirinhas qui nous arrachent la gueule!

Dans la Grande Savane on se baigne dans des cascades cernées par la végétation, comme la Quebrada de Jaspe où la pierre lisse sert de long tapis rouge à l’eau claire et peu profonde. De la route la forme plate des tepuis se distingue à l’horizon, enveloppée par des nuages qui s’agrippent aux bords. On est souvent seuls pour profiter du paysage. Les vénézueliens sont en vacances mais passent les fêtes en famille.

C’est chez Guadalupe qu’on fête Noël, dans la communauté indigène de Kavanayen. Son petit restaurant est entièrement décoré pour l’occasion et notre table trône au milieu de la pièce sous une nappe blanche ornée de feuilles de houx et de sucres d’orge. Maman offre une boule de Noël remplie de chocolats à Guadalupe qui entame de les avaler consciencieusement l’un après l’autre et du champagne à Carlos qui apprend que le bon champagne ne peut être que français! On fume un bon cigarillo colombien pour digérer le repas avant d’aller à la messe. Sur un banc de l’église quasiment vide Carlos se serre un peu trop contre une jeune vénézuelienne. Mais il finira par passer la nuit “comme un perroquet agrippé à sa branche”, c’est à dire seul …

Après la Grande Savane nous partons à la découverte du delta de l’Orénoque. C’est une bouche immense qui mesure jusqu’à 350km d’envergure. On s’enfonce en bateau dans le delta. Des plantes aquatiques flottent sur la surface tandis qu’un rideau vert se déploit sur chaque rive. Le ciel est immense. On voit passer des martin pêcheurs, des grues et des hérons. Des singes hurleurs cachés derrière les feuillages se déplacent tranquilement d’une branche à l’autre.

Sur une île on assiste à un spectacle inoui: dans les couleurs du soir des centaines d’oiseaux, des ibis rouges vifs et des pelicans, rejoignent le couvert des arbres pour passer la nuit. Les pelicans volettent par dizaines au-dessus de notre bateau. On les dérange. Ils s’échappent de chaque arbre que l’on approche de trop près. Dans le ciel de longues vagues successives d’oiseaux rouges s’ajoutent au tableau. Le spectacle parait durer des heures. Puis la nuit tombe et il faut rentrer.

On visite aussi une communauté d’indigènes Warao. La pauvreté dans laquelle ces indigènes vivent nous choque: l’endroit est insalubre. Il y a des déchets partout et certains enfants ont le ventre gonflé à cause de leur mauvaise alimentation. Pourtant le gouvernement leur offre des bateaux à moteur et de l’argent. Mais ils n’en profitent pas. C’est leur façon d’être nous dit Carlos, ils ne se préoccupent pas de l’avenir. Quand l’état leur donne de l’argent ils le gaspillent. Quand ils ont faim ils vont pêcher. Quand ils ont soif ils boivent l’eau du fleuve …

On fait un petit tour dans la jungle avec un guide indigène qui nous explique comment tirer profit de chaque plante. La feuille de palmier Moriche couvre le toit des maisons, des racines creuses servent de tambour pour communiquer, le coeur de palmier se mange. Le guide, un bonhomme au ventre rond, grimpe tout en haut d’un palmier en quelques secondes en se servant d’une feuille qu’il a transformée en corde et accrochée à ses pieds. Thomas essaye de faire pareil mais malgré ses années d’entrainement et de musculation il ne décolle pas ses fesses de la tête de papa qui le pousse de toutes ses forces.

 

Le tronc de palmier Moriche laissé à pourrir sert de garde manger. Dedans se développent de grosses larves blanches, les mêmes que Pumbaa dégote sous les pierres dans Le Roi Lion. Thomas a été le plus courageux de nous tous: après en avoir attrappé une il lui a arraché la tête avec les doigts et l’a machouillée encore toute palpitante pendant qu’on faisait tous une grimace de dégoût (pour les sceptiques il a une vidéo)! Avec les termites qu’on a croqués dans la Grande Savane ça commence à faire un beau palmarès!

Le dernier jour le delta nous a fait un cadeau d’adieu: dans un bras de l’Orénoque des dauphins roses se sont joints à nous alors que nous pataugions à côté de la pirogue. Nous étions seuls au milieu de l’eau, dans le silence du fleuve et de la forêt sauvage, et le dos des dauphins glissait par moment au-dessus de la surface à une dizaine de mètres de nous. Sur le chemin du retour on a apperçu des toucans juchés sur la plus haute branche d’un arbre.

Et puis nous sommes partis pour la Peninsule de Paria, dernière étape du voyage. Dans une fabrique de chocolat nous sommes tombés sur la nouvelle Miss Venezuela avec qui nous avons posé en photo, avant de débarquer sur les plages des caraïbes où nous avons passé le reste du temps à faire la sieste, bouquiner dans les hamacs et sauter dans les vagues. Nos chambres étaient installées sur la plage de sorte qu’il nous suffisait d’ouvrir la porte pour avoir les pieds dans le sable! C’est la que nous avons passé le nouvel an en tête à tête avec la famille qui s’occupait du campement, dans le petit restaurant sur la plage, face à la mer, bercés par le bruit des vagues, le rhum, la musique d’un petit groupe de musiciens à la peau burinée par le soleil, les rires et le feu de camp qui se consumait doucement.

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La côte caraïbe de Colombie … et bonne année!

On profite de ce post pour souhaiter une bonne année à tout le monde. Nous avons passé le nouvel an sur une plage des caraïbes avec les parents et les frangins Iris qui nous ont rejoints au Venezuela pour passer les fêtes. Après deux semaines coupées du monde dans la savanne des Tepuis, en bateau sur les bras du delta de l’Orénoque et sur des plages de cocotiers, il est temps de se remettre au boulot et de rattrapper le retard pris sur le blog … retour en Colombie.

La vieille ville de Cartagène, sur la côte caraïbe de Colombie, est réputée comme étant une des plus belles d’Amérique du Sud, si ce n’est la plus belle. Au temps de la colonisation tous les trésors volés aux indigènes ou arrachés aux mines d’or et d’argent passaient par ses murs avant de rejoindre l’Espagne. Pour cela elle a été maintes fois attaquée par les pirates anglais et français qui cherchaient à récupérer une part des richesses du nouveau monde. C’est aussi là qu’arrivaient les esclaves avant d’être disséminés sur le continent et elle contient encore aujourd’hui une forte communauté noire.

Nous sommes arrivés à Cartagène, dans la chaleur de la côte caraïbe, avec encore en mémoire les vallées trempées de la Zona Cafetera. Il n’y a pas grand chose à faire à Cartagène si ce n’est déambuler au hasard dans les rues étroites de la vieille ville et admirer les bougainvilliers en fleur sur les façades coloniales. Le “musée de la marine” raconte l’histoire de la ville et décrit avec détail les attaques féroces de pirates comme Francis Drake qui ont inspiré tant d’histoires.

A quelques heures de route de Cartagène se trouvent le village de pêcheurs de Taganga et le parc Tayrona, un des parcs les plus visités de Colombie, des plages sauvages qui bordent une jungle verte et humide. A Taganga on peut encore voir des pêcheurs pêcher au filet de la plage ou revenir d’une matinée en mer avec des poissons scintillants pendus à une corde. Nous avions une chambre qui donnait sur la baie. Le cadre est joli et le rythme de vie invite à la paresse et à la contemplation. Malheureusement les quelques plages sont sales et souvent envahies par les habitants de Santa Marta, une ville de 500 000 habitants à 15mn de voiture.

Nous avons passé trois jours à Tayrona. Il a fallu faire 1h de bus depuis Santa Marta pour arriver à l’entrée du parc, puis prendre un minibus qui nous a avancés de 4km à l’interieur du parc, et enfin marcher une heure dans la boue et les moustiques, avec parfois de l’eau jusqu’aux genoux, pour arriver au coeur de la zone ouverte aux touristes. Nous avons dormis dans des hamacs avec juste un toit pour protéger de la pluie, à la lisière de la forêt, bercés par le bruit des vagues. Les plages sont bordées de cocotiers et parsemées d’immenses blocs de granit ronds qui en font un décors de carte postale.

A la fin des trois jours les balades en scandales dans la boue nous avaient filé des ampoules et Agnès comptait jusqu’à quarante piqures de moustiques sur les jambes. Pour éviter l’heure de marche du retour nous sommes rentrés à cheval! C’était assez magique de se retrouver là à peine 1h après s’être baignés dans la mer des caraïbes, au milieu de la jungle, sur cette petite piste labourée par les sabots, sous les cris et les ordres du muletier qui faisait avancer les chevaux.

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Centre of Colombia

We are now in Colombia. The country is much safer than most people think. The main issue at this time of the year is all the landslides caused by too much rain and bloquing many roads. In Bogota we were surprised by the number of tourists and most hotels were fool.

Bogota isn’t on the list of the most beautiful cities we have seen so far but it has a small colonial town and lots of very good museums, like the ”Museo del Oro” containing the biggest collection in the world of pre-hispanic goldwork and the “Museo de la Esmeralda” (Colombia is the world main producer of emeralds). It is as well a good place to party and from time to time, like in Ecuador, Chivas (buses transformed in a moving discotheque) cross the street preceded by a loud music. With Christmas coming all comercial centres, parks and some roads have been decorated with lights. People as well have put blue flashing lights on their balcony and get ready for the “rumba”, the party!

Medellin is another big city of Colombia. Once the drug capital of the world with Pablo Escobar running the show, and even if we didn’t spot any european tourists at all, it is a safe place to travel and is known for beeing the birthplace of the painter and sculptor Fernando Botero. Contrary to Bogota laying at an altitude of 2600m, Medellin has a subtropical climate allowing for palm trees to grow along the avenues which, added to the colorful markets and peatonal streets, give to the city a lively atmosphere. Although youngsters sleeping anywhere on the pavement remind us of the huge difference between rich and poor …

 

Between Bogota and Medellin we stopped in Salento in the middle of “Zona Cafetera”, an area of coffee plantations. Don Melias, the landloard of one of the Arabica plantations, gave us a tour and explained all the process from growing the plant to the black powder we buy in the supermarket. Banana trees are part of the coffee plantation scenery. They are used to shade the coffee plants during the dry season, their leaves are used as fertilizer when they rot, and they are source of a second income.

In “Zona Cafetera”, in the Cocora valley where we did a one day walk (where we got soaked by the rain and were sinking in the mud, definitely not the best time to travel there), you can see as well one of the national symbols of Colombia: the “palma de cera” or wax palm. It is a very tall and thin tree reaching up to 60m high, native to the valley of Cocora.

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Les Galapagos

On ne s’attendait pas vraiment à ça. En fait on ne sait pas trop à quoi on s’attendait. Bien sûr tout le monde a déjà entendu parler des Galapagos, un endroit plein d’animaux qui n’ont pas peur de l’homme où Charles Darwin a été tellement inspiré qu’il a développé sa théorie de l’évolution. Mais ça s’arrêtait plus ou moins là.

On s’est décidés un peu sur un coup de tête quand on a découvert que oui c’était cher mais peut être pas autant qu’on avait cru. Et quand le gars de l’agence a sorti son catalogue de photos nos yeux se sont agrandis à chaque nouvelle page, c’était peut être là une occasion unique! On a pris la nuit pour réfléchir mais c’était déjà tout vu …

La plupart des gens choisissent un tour en bateau de plusieurs jours pour visiter l’archipelle enchantée. Mais ça aurait été ajouter la cerise sur un gateau qui allait déjà exploser notre budget. On a donc préféré un tour qui correspondait mieux à notre condition de backpackers: on allait dormir dans des hôtels pas trop chers sur les îles, faire de la marche, un peu de vélo, un peu de bateau et beaucoup de snorkling.

Et ça a été magique! On a marché jusqu’à un volcan dont la dernière éruption date de 2005. La chaleur du magma peut encore se faire sentir sur les bords du cratère. On a vu les seuls pingouins au monde que vous trouverez sur la ligne de l’équateur. On a nagé avec des lions de mer et des tortues géantes, des bêtes qui peuvent atteindre les 300kg. Les lions de mer, surtout les petits, foncent comme des balles et tournent autour de nous pour jouer. Les tortues géantes glissent silencieusement en agitant leurs nageoires de devant comme si c’était des ailes et disparaissent derrière les rayons du soeil qui percent la surface bleutée.

Et tout ça dans un décors de rêve! Des plages quasiment désertes bordées de mangroves où des peliquans pêchent ou font leur toilette pendant que des iguanes rechargent leurs batteries au soleil avant de replonger dans les eaux turquoises chercher de quoi se nourrir. Des criques rocheuses où des centaines de crabes se mettent en mouvement quand on approche de trop près. Des fonds marins habités par des bancs de poissons aux couleurs vives. Tout ça sous le regard attentif des “piqueros patas azules”, de drôles d’oiseaux aux pattes bleues.

Les Galapagos sont des îles volcaniques sorties tout droit de la ceinture de feu qui court le long du continent Américain. Elles sont poussées vers l’est au fur et à mesure que les plaques océaniques dérivent, les plus vieilles sont donc les plus proches du continent. Les différents courants marins et aériens, particulièrement le courant de Humbolt, ont fait de ces îles le paradis que c’est aujourd’hui. Des lézards terrestres venus de la jungle amazonienne ont dérivé sur des bouts de bois depuis les rios du continent jusqu’à ces îles pour s’adapter et donner les différentes espèces d’iguanes. Sur 300 espèces d’animaux les Galapagos comptent 200 espèces endémiques! Sur 11 espèces de tortues géantes dans le monde 10 vivent dans les Galapagos!

Ce fragile écosystème est sans arrêt menacé par des espèces introduites par inadvertance. Parmis les pires on trouve le rat qui se régale des oeufs de tortues et d’oiseaux, et la goyave et la mure qui se répandent à un vitesse folle et empêchent les autres plantes de pousser.

Un conseil si vous visitez les Galapagos: prévoyez quelque chose à faire, un temps mort, quelques jours de réflexion avant de reprendre le boulot. Sinon vous allez faire une grosse déprime! Nous, avec les 4 mois de voyage qui nous attendent encore, on a eu le moral dans les chaussettes en quittant les îles.

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